Tourner en rond comme un derviche tourneur
Par Gilles Klein le samedi 14 novembre 2009, 19:56 - Lien permanent
Samedi soir. Toujours la même attente, pas de traitement, parce pas encore d'intervention, et pas de date d'intervention. Donc hors de l'hôpital, et attente d'y retourner. Saturday night. We are still waiting. No cure, because not yet surgery. No timetable for the surgery. Out of hospital, waiting for a call at home, to go to another hospital for the surgery.

Elle tourne en écoutant le lamento Ene Sarère. De la musique arménienne, jouée par deux Duduk, ces étranges instruments au son grave et nostalgique qui ressemblent à des flûtes droites. Pendant que les idées tournent en rond dans notre tête, comme un derviche tourneur.

Tour de Galatasaray, Istanboul, 17 mars 2001
Si nos moyens nous le permettaient, nous serions ce week-end à Istanboul, en train de sillonner le Bosphore. Pour, après Venise, faire encore du bateau, sur un ferry qui relie l'Europe à l'Asie Mineure, pour échapper à l'inquiétude qui limite l'horizon à l'heure qui suit. Eviter de ne penser qu'à la maladie qui s'étend pendant que nous pouvons qu'attendre.
We can't afford it. But if we could, we should have been in Istanbul (Turkey) to sail on Bosphorus.
Elle parle de Noël. Sera-t-elle encore avec nous ? Elle parle de 2010 ? De ce qu'elle fera quand elle sera grande. Des phrases banales qui résonnent au delà du raisonnable parce que nous n'arrivons pas toujours à maîtriser notre emballement dérisoire. Orphée ne devait pas se retourner, il l'a fait et a perdu Eurydice. Nous nous devons ne pas regarder devant, mais juste l'instant, ou le passé, honteux d'être emprisonnés par le rétrécissement de nos pensées.
Commentaires
Je ne vous connais pas mais je vous lis... que dire sinon que je pense fort à vous et à votre petite fille...