Hospitalisation demain, opération jeudi
Par Gilles Klein le mardi 17 novembre 2009, 21:28 - Lien permanent
Elle a joué dans la salle d'attente. Pas
inquiète en apparence. Sereine, gaie - me demandant de la photographier avant
de regarder sur l'écran au dos du boîtier, de photographier une des peintures
murales mais fatiguée - marche difficile. Donc poussette. Aller-retour dans un
hopital parisien aujourd'hui, en taxi pour éviter tout risque de contamination
dans le bus ou le métro : échographie cardiaque et consultation
d'anesthésie, longue journée pour elle. Discuté des risques et du type
d'anesthésie avec le docteur qui est chargé de la dite anesthésie. Il y a
toujours des risques, mais malgré les chimios son coeur est en bon état. La
précédente opération avait duré plus de 6 heures, il y a 4 ans. Là, cela
devrait être nettement plus court s'il n'y a pas de surprise.
Today, she was playing in the waiting area at hospital. Quiet but tired. Hard to walk. So stroller. Parisian hospital with a taxi to avoid any contamination in the bus or tube. Last surgery 6 hours, 4 years ago. This one should be a lot shorter if nothing wrong. I avoid to think to the future. It frightens me. But she speaks about it. "This year, I will give a kiss to Santa Claus, even with his beard and I will go on his knees. I am a big girl, I will not be afraid". Last year she cannot go too near when Santa Claus bring gifts at home. Tomorrow entrance at hospital. Surgery next day, not yet the hour, as everything was in some urgency.. I will sleep near her, in an armchair, or any kind. Will see. Sorry for my Frenchglish.
J'essaie d'enregistrer dans ma mémoire ses jolies phrases. Mais comme tous les enfants de cet âge, elle en dit souvent. mes mains sont trop petites pour les retenir, et tous ces petites perles qui m'échappent se dispersent comme des bulles de savon. Des cerfs volants dont la ficelle s'est cassée. C'est la photo qui me sert de bloc note, qui fixe un moment de légèreté que j'imprime dans ma mémoire. J'évite de penser à l'avenir qui me fait peur, mais c'est elle qui m'en parle. Emotion. "Cette année, je ferai un bisou au Père Noël, même si il a une barbe, et j'irai sur ses genoux. Je suis plus grande, je n'aurai pas peur" me dit-elle en regardant une peinture murale de ce service pour enfants. L'année dernière, il était venu à la maison apporter les cadeaux, mais elle avait eu peur, et n'avait pas voulu s'approcher de lui. Demain hospitalisation dans l'après-midi. je dormirai sur place dans un fauteuil à côté d'elle si c'est possible. On verra. Opération jeudi. Tout ayant été fait dans une certaine urgence, l'heure n'est pas encore fixée. Quatre ou cinq jours après, elle sortira direction l'autre hopital, hors de Paris, pour la chimio, mais nous n'en sommes pas encore là. Il faut qu'elle franchisse ce premier obstacle. Seule.
Combien de parents auront le coeur serré jeudi, dans divers hopitaux, en attente du résultat, d'une nouvelle rassurante. Beaucoup sans doute, je penserai à eux aussi.
L'impression d'être un équilibriste : mettre un pas devant l'autre, ne pas oublier une démarche, résister aux bouffées d'inquiétude ou d'émotion, respirer paisiblement, gérer mille petits détails qui pèsent des tonnes quand on a envie de simplement souffler, afficher une sérénité de bon aloi devant elle, lui dire ce qui va se passer clairement, qu'on va l'endormir. "Si je dors trop, je volerai comme Clochette, au dessus de la cour pour dire bonjour à mes amis de l'école"
Commentaires
Même si je sais l'immense solitude de ces instants là, combien sont dérisoires les mots des autres, je penserai, jeudi, à vous, à elle...
Avec vous en pensées ce jeudi ...
On ne se connait pas et pourtant, je pense beaucoup à votre fille et à vous depuis que vous partagez ces difficiles moments sur Twitter.
Avec vous, en pensée, ces prochains jours.
On ne se connait pas et pourtant, je pense beaucoup à votre fille et à vous depuis que vous partagez ces difficiles moments sur Twitter.
Avec vous, en pensée, ces prochains jours.
Je penserai bien à vous jeudi, en croisant fort les doigts.
Je ne la connais pas mais j'ai confiance en elle, elle semble étonnamment forte cette petite fille !
Amitiés, Bruno
PS : Le dictaphone de l'iPhone pour les petites phrases qui s'envolent !
A la première heure
Du petit matin frais
Une odeur de café
Traversera la pièce
Et puis je reviendrai
Anonyme mais présente
Pour penser une fois encore
Au sentiment puissant
Qui m'avait jusqu'à vous
Dessiné un chemin
Alors j'éveillerai
Ce que ma mémoire
Peut donner de couleurs
Et de lignes fragiles
Vibrations chaleureuses
Notes en équilibre
Car souvent nous marchons
Sur un fil si fragile
Et puis nous revenons
Sur nos terreurs enfouies
Parfois avec douleur
Vers des chemins faciles...
Je penserai à vous demain...
je vous suis sur twitter, votre blog et @si, je sais que vous avez du courage, vous semblez être le seul à ne pas le savoir. Je vous direz donc simplement que je suis avec vous et votre fille.