Journée de transition : débranchée/Unplugged
Par Gilles Klein le dimanche 22 novembre 2009, 23:16 - Lien permanent

Quand je suis arrivé aujourd'hui, tu m'a dit que tu n'étais pas bien du tout, avec une voix très faible. Tu étais, pour la première fois, dans le grand fauteuil à côté de ton lit. J'ai compris que tu allais vomir. La porte était ouverte, j'ai appelé, trois personnes professionnelles paisiblement assises à deux mètres n'ont pas bougé, fatiguées après une matinée stressante ou pas concernées, contrairement à leurs collègues, habituellement si attentifs dans ce service de soins intensifs pour enfants. J'ai récupéré un haricot en carton, puis insisté pour en avoir un autre puis un autre. Je me suis débrouillé pour t'aider comme j'ai pu. Ces vomissements me rappellent, ceux terribles de tes chimiothérapies qui entraînaient ta réhospitalisation parce que tu perdais trop de poids que tu te déshydratais. Tu m'a dit que tu avais déja vomi après ton repas. J'ai pu le vérifier par terre, j'ai nettoyé. Puis en insistant j'ai obtenu une taie d'oreiller propre et on a bien voulu m'aider à t'allonger. J'ai insisté pour que ta douleur soit prise au sérieux, malgré une mauvaise plaisanterie. Je t'ai donné ce liquide dans une seringue et tu as dormi une partie de l'après midi.

Plus de perfusion, plus de morphine, plus de moniteur de surveillance cardiaque et respiratoire. Tes trois pansements sur le bassin ne semblent pas te faire mal, c'est ton côté qui te donne le plus d'appréhension, mais à la fin de cette belle journée, tu allais mieux. Tu avais le sourire. Une infirmière est venue spécialement te montrer ses boucles d'oreilles fée clochette. Un kinésithérapeute patient, et joyeux t'a parlé des trois petits cochons et du grand méchant loup pour t'apprendre à souffler et tousser pour dégager ton poumon droit. Tu as fait un dessin pour ta petite soeur qui te réclame au coucher en pleurant. Je lui ai donné, comme dans un conte un peu trop rose, elle l'a serré contre elle, l'a un peu froisssé et s'est endormie avec ce soir.
No more tubes, pipes or whatever. You have been vomiting before I came. And when I am with you. Nobody moves. I had to deal alone. But I succeed to have some medication for your pain. Then you sleep for two hours. Later you are anxious about your side, not about the three other places around your pelvis. You make a drawing for your little sister crying every evening, waiting for you. I give her the sheet, she press it against her, like in a novel for child, and fall asleep with it.
Commentaires
Emouvant ...
Merci Gilles ! car tes mots expriment vraiment ce qu'un parent ressent...
impressionné par cette brave jeune fille...tous mes souhaits d'un prompt rétablissement
amitiés, Gilles
Quelle jolie photo. Heureuse qu'elle ai eu une journée plus douce.
Bonjour,
Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis la maman de Philippine que vous avez connu lors de la maladie de votre fille lorsqu'elle était toute petite en 2005. J'ai appris que votre petite princesse avait fait une rechute. Cette nouvelle me fend le coeur, et la voir si grande sur votre blog me rappelle ma fille qui avait à peu près le même age lors du début de sa maladie. Je reviendrais sur votre blog pour prendre des nouvelles de la petite. Je vous souhaite plein de courage, même si je sais bien que dans ces cas là, on en a tous, et que l'on a des forces extraordinaires pour nos enfants. Bien sincèrement.
Prenez soin de vous, et d'elle...