Venise, face a face, Daisy 7 nov

Venise 7 nov/ Nov.7, 2009 Facing Daisy

Encore une bonne journée. Mais la nuit de jeudi à vendredi a été délicate pour d'autres raisons. A 2 h du matin sa maman se réveille avec une grosse angoisse et des pensées ou visions très négatives. Elle met une heure à s'endormir. Moi je reste éveillé durant 3 h. Je me réveille épuisé. D'où mon impression confirmée : ne pas chercher sur Internet (ce que sa maman a fait hier soir), cela ne sert à rien, surtout dans cette période miraculeuse où les douleurs dans les hanches se sont arrêtées de manière inexplicable, alors que la maladie a choisi cette zone pour se manifester. Je tente de rester concentré sur l'instant, sans laisser mon esprit divaguer, ou regarder l'avenir. Une gymnastique permanente qui relève presque du yoga. Ce fragile équilibre est rompu quand sa maman plonge dans de noires pensées.

Mais il arrive que notre fille elle-même m'oblige à faire une incursion dans cette zone rouge, où l'on peut se faire très mal. Petite promenade ce soir dans la rue : "Il faut que je sois là à Noël pour voir le Père Noël quand il passera, et avoir une photo avec lui". Je ne réponds pas et j'essaie d'éviter de m'interroger sur les sous-entendus que cette phrase implique. Elle rajoute "Je n'ai pas mal du tout aux hanches. Il faudra le dire au docteur qui m'a fait la piqure, parce que si j'ai mal aux hanches ce sera autre chose." Elle ne parle plus de son poumon droit, tant mieux, il ne lui fait plus mal, ne la gêne plus, il n'y a plus que des cicatrices discrètes. Puis elle se met à trottiner devant moi. Ce soir, je me couche tôt, j'essaie de dormir toute la nuit, car j'ai mal partout. La fatigue contribue au dérapage intérieur.