Bilan post-opératoire/ Post surgery brief
Par Gilles Klein le mardi 8 décembre 2009, 21:06 - Lien permanent
Sur
l'écran de l'ordinateur elle écrit en anglais qu'elle est "une étoile" avant de
rire super contente. Son visage se plisse. Elle grimace de joie.. Elle a
toujours le même bonheur de de vivre, et l'absence de douleur annoncée.
J'insiste pour vérifier, mais elle confirme : pas mal, ni au poumon, dans
la tête, ni aux hanches. Bon. Ce lundi reçu le compte rendu de son opération
envoyé par l'hôpital. Un texte court : 11 lignes qui résument 5 ans de
lutte contre le cancer. Le mot n'est pas écrit, il est trop général, c'est
l'affection particulière qui la touche qui est mentionnée. Synthétique, cru,
avec des mots précis. Dessous : 13 lignes qui résument les différentes
interventions lors de l'opération. Il y a même le nom des instruments employés
et le mot "rechute". Un bilan implacable. Je n'aurais pas du l'ouvrir. Le sigle
des Hopitaux de Paris, la couleur verte de la lettre visible à travers la
fenêtre qui montre le destinataire m'avaient alerté. Ce n'était pas une
facture, mais une bombe à retardement, un colis piégé.
Malgré ma fièvre (ma toux et le reste), disons que cela m'a refroidi pour ne pas dire gelé. Je ne l'ai pas montré à sa maman, inutile. Cela ne nous fera pas avancer. Moi je vais essayer de respirer plus doucement pour ne pas toussser à répétition, sans arrêt et retrouver mon souffle après ce constat d'huissier qui me l'a coupé, à chaque lecture. Je la regarde sourire, j'étouffe moins. Je ne peux pas la guérir, juste vérifier qu'elle ne souffre pas pas (ou le moins possible : je me souviens pendant l'été 2005 quand son petit doigt appuyait en vain sur la pompe à morphine, qui lui avait déja délivré le bonus auquel elle avait droit. A moins de deux ans, les yeux fermés, inerte, elle avait vite compris le fonctionnement qui lui avait été expliqué au cas où elle aurait pu saisir, et elle l'a fait). Je ne peux pas la guérir, mais elle, elle me soigne tous les jours quand son regard pétille, j'étouffe moins, le soleil m'inonde.
Commentaires
Putain......
:(
je suis si triste de cette nouvelle. Chaque fois que je lis vos triste nouvelles, mon fils me fait un de ces câlin plein d'amour, empathie, de compation. Il sont pour vous, je crois. On lit entre les tweet, des nouvelles personnel, ça touche, on espère que les courrier de ce genre n'arrivent pas chez vous.
Gilles, je pense à vous, à votre épouse, à Caroline, à son frère et sa soeur. J'admire votre force, votre justesse. Une leçon. Tous les jours je pense à vous.
Nous ne sommes pas vous, nous ne pouvons rien comprendre, rien vivre pour vous, rien vous soulager. Juste dire que nous sommes avec vous pour avancer, coûte que coûte. Avancer et vivre. Rechute veut dire qu'on était entrain de marcher, d'avancer. Encore se relever, encore trouver la force parce que oui Caroline is a star.
I read your blog everyday and I cry, for you and your family, for her, for hope, for a miracle.....
For Caroline is truly a star-- this afternoon I will put a small message in the Jerusalem Wailing Wall- asking for a miracle and hope it works!
With hugs and warm wishes - Rose
Laissons les bilans aux comptables, le souffle de la poèsie sied bien mieux aux étoiles, pardon ... aux stars ...
Salut Gilles,
Je n'ose pas t'appeler par peur de déranger... désolée de ne pas pouvoir être à Paris pour prendre le temps de te voir un peu pour discuter et t'écouter. Suis tjrs à BXl, mais malgré la distance j'ai tous les jours une pensée très émue pour vous 5!! Maëlle m'a dit l'autre jour que Caroline était très belle dans son habit de princesse et qu'elle aimerait bien la connaître!! Courage mon Gilles, et surtout tiens bien le cap, continue à être ce phare dont tu détiens si bien les clefs pour qu'il continue de briller. Toutes mes pensées les plus affectueuses!! Bien à toi et à Caroline.
C'est une noyade.... J'ai la même impression que lorsque plus jeune je me laissais rouler dans les les vagues en corse, un jour de mistral, des rouleaux de plus en plus fort, jusqu'au moment où je n'ai plus rien contrôlé. Plus de dessus de dessous. Je poussais pour sortir et me cognais la tête sur les galets et le sables, buvant l'eau salée à grande goulées. Puis à nouveau le bord de plage chaud et la brassée d'air dans les poumons.
Je ressent cela en vous lisant. Je l'ai ressentit lors de l'hospitalisation de mon bébé soupçonnée d'être atteinte de muco.... Mais j'ai à nouveau eu de la chance, j'ai retouché le rivage chaud et douillet.
Que vous dire sinon des banalités. Je suis touchée. Moins que vous c'est certain. Rien à faire de plus sinon de chercher votre plage, douce et chaude, vous et votre famille.
Bien à vous, et plein de vie à votre famille
Je vous envoie un clown, même si on ne les aime pas et je vous embrasse aussi, parce que finalement, c'est mieux que de déblatérer avec des mots qui ne veulent rien dire.
Je pense à vous.
She is a star. Et son papa un phare... L'image est juste ; un grain s'annonce on dirait, tenez bon.
Nos pensées et nos invocations vous accompagnent.
Que Dieu guérisse votre fille et apaise votre épreuve que vous supportez avec tant de dignité.