Cessez-le-feu / Cease fire
Par Gilles Klein le lundi 14 décembre 2009, 20:27 - Lien permanent
Philadelphie Décembre 2001/ Dec.
2001, Philadelphia (PA)
Il faisait très froid à Philadelphie en décembre 2001. La ville qui abrite la cloche de l'Indépendance était gelée. Elle était décorée pour Noël comme le fronton de cette église dont j'ai oublié le nom. Tu n'étais pas encore née. Ce lundi il fait aussi très froid dans Paris, mais nous avons chaud au coeur. Parce que tes douleurs ne sont pas revenues, que le cessez-le-feu continue. C'est officiel. Parce que le discours a changé. C'est une nouvelle équipe qui repris le dossier. L'épée de Damocles est toujours sur ta tête et donc sur la nôtre. Mais il y a une pause, l'alerte a été chaude, nous avons tout entendu. Mais nous n'en demandons pas plus. Pas de douleurs, pas de traitement. Nous marchons sur la neige glacée en évitant de la faire craquer. Et si cela continue, en janvier tu retourneras en classe, en te ménageant, sans cours de gymnastique. Et puis, on refera des examens lourds pour voir comment cette maladie aura évolué. Mais cela c'est au bout de l'horizon. L'horizon a reculé, il ne nous bouche plus la vue, il a repris sa place dans nos têtes. Enfin presque... Quoiqu'il en soit : Alleluia.
Au son de l'Ode IV Kanon Pokajanen (composée par Arvo Part en 1995) pour choeur a capella en langue slavonne

Philadelphia, Kimmel Center, Décember 2001
Nous sommes le 15 décembre. Le même jour en 2001 c'était l'inauguration du Kimmel Center de Philadephie, avec ses deux salles de concert dont l'une de 2 500 places (où l'orchestre de Philadelphie joua pour la première fois, Beethoven et Ravel), abritées sous une immense verrière. Pendant cette période d'inauguration, il y eut un concert devant le bar, situé entre les deux salles, nous l'avons suivi d'en haut, ta maman et moi. Nous avons ensuite écouté un autre concert dans la grande salle. Aujourd'hui le Kimmel Center abrite l'opéra de Philadelphie. Nous aimerions y retourner avec toi. La musique y est vivante. En train de se faire, comme dans nos têtes.

Philadelphia, Kimmel Center, December 2001/January 2002
Commentaires
Des nouvelles qui réchauffent... en effet!
Un petit souffle qui s'échappe pour repousser les nuages.
Je suis contente de lire ces nouvelles très positives et vous souhaite de belles fêtes de fin d'année.
: )
Enfin des nouvelles qui rassurent, puissiez-vous passez une fin d'année apaisée...
Je vous lis depuis quelques jours, j'ai pleuré en lisant votre témoignage, j'ai souri en regardant votre fillette déguisée en princesse, une vraie princesse cette petite, avec un papa poète....
Que les prochains jours soient doux.
très heureux de lire ce billet :)
Bonne fêtes à toute ta famille Gilles.
"Alleluia"
vive les cessez-le-feu, que celui-ci entraîne une paix durable! Amitiés
J'ai pleuré en vous lisant ce matin... me revient ce jour où l'on m'avait prévenue qu'il ne lui restait plus que quelques semaines... c'était il y a onze ans, il est toujours vivant...
Que Bach, Ravel et Mozart enchantent encore longtemps sa vie, je vous embrasse.
On souffle. On sourirait presque. Mais on n'ose pas encore.
Il est temps de fêter la fin de l'année maintenant.
Et la nouvelle décennie, aussi.
Que la lumière soit sur vous tous, vous, parents-guerre-contre-la-maladie, sur Caroline qui oui est une star, et sur son frère et à sa soeur, un peu dans l'ombre, forcément.
Qu'il est doux ce rayon de lumière, je souhaite de tout mon coeur qu'il vous éclaire longtemps.
On a le même prénom elle et moi, je sais ça ne veut rien dire, mais voilà, je vous "suis" et ce matin je suis tellement heureuse de ce petit espoir...
J'ai fait défiler très lentement les premières lignes de ce billet, en retenant mon souffle.
Et puis, soudain, ouf!
Montréal est enneigé. le vent enlève 10 degrés à ce -11°C du petit matin.
Pourtant, j'ai chaud au coeur.
La maman des poissons(Boby Lapointe)
:-)
Quelques jours que je ne suis pas venue.
Par votre faute, je ressort de vieux CDs oubliés depuis des années et écoute "Octet" (Steve Reich, 1980, NY)
Bonne soirée, je pense bien à vous cinq...
Quelle bonne nouvelle ce répit, qu'elle n'ait pas mal, qu'elle garde sa joie de vivre. Je pense toujours à vous.
:-) (je ne sais pas faire de smiley qui dise à la fois on croise les doigts et on est soulagé un peu aussi)