En taxi

En taxi, 26 janvier 2010.

Tu as une dure journée, compliquée, inconfortable, déplaisante. A l'hopital, en attendant, longuement, un peu angoissée, tu as vu passer les deux clowns. Ils ne se sont pas arrêtés. Tu les a suivi du regard. Il y a eut des petits problèmes auxquels tu as fait face avec dignité. Comme d'autres enfants aujourd'hui, là-bas, tu as eu peur, un peu mal. Tu as pleuré. Tu ne voulais pas du pansement Dora. Mais il n'y en avait pas d'autre. Tu as dit merci et nous sommes rentrés. La route est longue, tu as dormi dans le taxi au retour. Aussitôt rentrée, tu continue à dessiner des princesses dans ton cahier, avant de te coucher. Demain matin nous partons très tôt, ce sera long, mais tu sais que n'avons pas le choix. Tu n'as jamais dit je ne veux pas y aller, ou quoi que ce soit de ce genre. J'ignore ce qui pousse un enfant à accepter tout cela sans tenter de te dérober. On se sent encore plus coupable de le conduire sur ce dur parcours d'obstacles, toujours renouvelés et inattendus. Alors que le cavalier et son cheval peuvent, eux, reconnaître le parcours avant de s'y jeter à corps perdus.

Pour t'aider à t'endormir, le 2e mouvement (largo) du concerto n°1 pour piano et orchestre de Beethoven (Alfred Brendel avec James Levine à la tête du Chicago Symphony Orchestra, 1983)