Toi et la machine baleine / You face the whale
Par Gilles Klein le mercredi 27 janvier 2010, 21:37 - Lien permanent

A l'hôpital, aux environs de Paris, 27 janvier 2010/ Near Paris, January 27, 2010
Plusieurs heures à l'hôpital dont une dans le ventre de cette énorme engin que tu connais depuis l'âge depuis l'âge de 15 mois, même si ta mémoire ne remonte pas jusque là. A l'époque il fallait t'attacher dans une sorte de camisole de force, pour éviter que tu ne bouges, tu pleurais longuement, c'était très dur.

Là, tu as grandi, tu monte toi même sur son plateau, et tu reste sans bouger pendant la séance entrecoupée de court arrêts pour orienter ta tête ou ton corps. Tu es sérieuse. Calme, rassurante pour mes inquiétudes. Je te photographie, te montre les images sur l'écran pour couper le temps qui n'en finit pas. Mais ton regard est lointain, nostalgique. Je suis seul dans la salle avec toi et cette baleine dont tu es le Jonas.

Tu ne parles pas pour éviter de bouger même ta tête. Tout paraît simple. Mais quand c'est fini, alors que le plateau n'est pas haut, très proche du sol, avec un escabeau pour faciliter ta descente. Rien d'inquiétant, au contraire. Tu as peur soudain, les larmes aux yeux. Le plateau qui t'extrait de la machine a été un peu vite. Je t'ai soulevée en te tenant les mains, un peu vite aussi. Paniquée, tu te rallonges. Et nous attendons que ta peur retombe. Je me rends compte du poids de ce que tu as subi sur tes frêles épaules, depuis des années, sans jamais te plaindre.

Tu dis merci, au revoir. Et nous allons attendre que le médecin arrive face au soleil et au ciel bleu, qui heureusement inonde le paysage du haut de cet immeuble, à l'image de ton regard qui illumine nos jours.

Few hours, at the hospital, like the day before, in the belly of this whale. You know it since you are 15 month's old, even your memory does not go back until these early years. You were too little, so they had to block you, you were crying so much. Quite hard for me. Now, taller, big girl, you climb on it and you stay motionless. Apparently quiet. But your eyes are far away. I am alone in the room with this whale, you are Jonas. When it is finished. Ready to go down, easily, you panic. You lie down again, you cry a lot. Then, ready. You say thank you. We leave to wait for the doctor. In the corridor, you are happy. Sunny blue sky far away from the upper level's window of this building. It light up as your eyes do for us every day.
Au son/listening : choeur ''Her Faith And Truth' (1 mn 36 s)' puis "My Faith And Truth" solo et duo (4 mn 36 s) acte II, scène 2 de l'oratorio Samson (Haendel 1685-1759) sous la direction de Raymond Leppard (English Chamber Orchestra, 1993)
Commentaires
Nous espérons de prochaines bonnes nouvelles.
Le contraste entre l'image de cette machine ( hideuse et barbare) et ce regard magnifique, profond et triste, est saisissant...
Bonsoir,
Grosses pensées pour votre puce et toute la famille, en espérant avoir de bonnes nouvelles.
quel courage a cette jolie princesse ,ce n'est pas rien d'affronter tout ça a ce petit âge
gros bisous ma belle
et a toute ta famille pour qui cela doit etre très dur parfois
chantal
J'ai découvert votre blog, sur un message facebook de Servanne maman de Martin.
Je vous ai lu, j'ai découvert votre Caroline, l'infinie profondeur de ses yeux, sa grâce.
Je pense à vous, à votre famille.
Jamais je ne m'habituerais à tant de souffrance.
Vos photos et vos mots qui montrent et parlent de Caroline sont magnifiques, on y voit l'Amour profond.
Je vous envoie douceur et affection.
Véro
Véro à tout dit sur le commentaire ci-dessus.. c'est en lisant moi aussi le mot de Servanne sur FB que je suis venu vous visiter..
Moi non plus je ne m'habituerais jamais à tant de souffrance..
Je vous envoie à mon tour, à vous et votre famille, toute ma sympathie, mon affection..
Thierry
Encore une fois je vous souhaite le meilleur... Esperant pouvoir lire de bonnes nouvelles bientôt. Courage et espoir doivent rester les maitres mots. Je vous en souhaite en abondance.
J'ai découvert votre blog via une relation de twitter.
Je dois dire qu'il m'a interpellé, profondément.
En tant que père tout d'abord, mais aussi en temps qu'être humain.
Ce blog est probablement le plus beau journal d'amour pour un enfant que j'ai pu voir.
Vous avez un courage admirable, les adultes certes mais aussi cette petite fille qui lutte et force l'admiration.
Il faut garder l'espoir, encore et toujours, pour vous, pour elle et surtout contre la maladie.
Même si ce ne sont que quelques mots, je vous adresse très sincèrement tous mes voeux de soutien.
Quel courage, ces billets et photos sont beaux, émouvants, et m'ont touchée ce soir.
Je suis avec vous.