Retour hôpital, anges et nuages/ Clouds, angels and back to hospital
Par Gilles Klein le vendredi 5 mars 2010, 11:35 - Lien permanent

Anges près de la porte d'Orléans, périphérique, Paris, janvier 2010/Angels along Paris's expressway January, 2010
Je pense aux anges qui surplombent le périphérique. A chaque fois que nous allons à l'hôpital pour toi, je guette leur regard bienveillant et lointain. Trop rapidement entrevu. Tu va les revoir bientôt. Après un mois de paix relative qui devrait regonfler les pneus, tu retourne à l'hôpital lundi pour une visite, qui devrait être de routine, sauf mauvaise surprise. Pas d'incendie donc. Mais je suis pétrifié, lourd comme un robot en granit, dont les batteries sont presque vides. L'esprit humain ne sait pas ce qu'il veut. Car, pourtant je suis vidé, épuisé, mon cerveau fonctionne au ralenti, je suis un marshmallow, le moindre souci mineur résonne dans ma tête comme dans une cathédrale. Je suis glacé malgré mes deux chandails col roulé, et ma mug de thé citron chaud. Ce matin tu avais peur, qu'un enfant te redonne un coup qui te fasse mal à la petite boite placée sous ta peau pour recevoir du produit en cas de nécessité. Je t'ai dit que je parlerais à la maman de celui qui t'a un peu secoué.

Chaque touche du clavier est en plomb, alors que j'ai plein d'articles à faire. La journée m'apparaît comme un désert infranchissable, le soir me paraît hors d'atteinte. Je ne verrai personne d'ici ce soir. Je travaille à distance. L'heure à laquelle je vais aller te chercher à l'école est si loin. J'ai envie d'aller au parc m'allonger sur l'herbe, en écoutant les Gymnopédies d'Eric Satie sur mon iPhone, en regardant défiler ces magnifiques nuages blancs qui traversent le ciel bleu qui embellit Paris. Ne plus rien faire d'autre jusqu'au moment où tu va trotter joyeusement à mes côtés, en dansant d'un pied sur l'autre, une fois que j'ai récupéré ton cartable rose trop lourd. Et ne plus penser à lundi, au service pédiatrie, à ses couloirs remplis de petits enfants sous chimiothérapie.
Commentaires
Ca va aller. Accrochez-vous. Ne pas se morfondre .... cela rend la situation plus pénible encore...vous n'étes pas tout seul, nous sommes nombreux à vous soutenir, certes à distance, mais nombreux!! Je vous souhaite de passer le meilleur WE possible, avec TOUTE votre famille!
Le soir est arrivé, mes pensées avec vous.
J'ai terriblement ressenti votre fatigue et angoisse dans ces mots. Ils donnent envie de vous faire un "câlin".
Tenez-bon.
Non tu n'es pas tout seul.
Nous sommes tous derrière toi.
Ta petite famille croit en toi et Caroline va te donner sa petite main et aller en toute confiance faire ce controle.
Bonjour,
je souhaite vous écrire un message trop personnel pour le faire partager à tous... et je ne trouve pas d'adresse mail sur le blog. Pouvez vous me l'envoyer à cette adresse dsujobertarobasegmailpointcom ?
Désolé si ce message vous semble incongru, inutile d'y donner suite.
Toute ma solidarité,
D.Sujobert
Il y a des journées qui pésent lourd, qui pésent des tonnes....et ces jounées là, on les porte seul...
je vous comprends tellement, je souhaite juste que lundi, soudain, tout redevienne léger, comme ses pas qui dansent à côté de vous à la sortie de l'école
juste là
Véro
Je pense à vous sous le ciel bleu de ce lundi. J'embrasse toute cette famille que je ne connais pas mais à qui je pense souvent.
Ils sont beaux ces anges et j'ai souvent regretté d'être au volant et de ne pouvoir les photographier lorsqu'ils passaient à proximité, ou plutôt que JE passais à proximité.
Les visites, même de routine, sont angoissantes, mais les anges veillent sur Caroline
bonjour Gilles ... pas de nouvelles sur ton blog mais j'espère de tout coeur que ta petite fille se porte bien et que nous pourrons te lire prochainement ... j'espère aussi que tu vas bien toi-même ainsi que ta femme et que cette douloureuse expérience prenne fin ...
je vous embrasse à tous.
Michel